Après le début de cet itinéraire de 23 jours à travers Chugoku, nous faisons désormais le tour de Shikoku à partir de ses 4 villes capitales.

Pour chaque lieu est précisé sa position, une éventuelle vidéo de ma part, les photos que j'ai pu prendre là-bas, et si possible leur site web officiel. Il peut également y avoir une note de fin, dont la signification change selon l'émoji utilisé :

  • 📝 Notes générales
  • 🚄 Conseils sur l'accès ou les transports
  • 🏠 Impressions sur la qualité de vie
Carte originale : Marc Heiden, sous licence CC BY-SA 4.0

Tokushima

Préfecture de Tokushima (Shikoku) - 📍 Position - 📷 Photos - 🔗 Site web
Tokushima

Premier arrêt de notre tour de Shikoku, Tokushima est la plus petite des 4 capitales de la région. Située tout à l'est, elle est reliée à l'île principale du pays (Honshu) par la route via l'île d'Awaji. On connaît la ville entre autres pour son festival annuel de l'Awa Odori, dont la danse inspirera la danse Yosakoi.

L'office de tourisme Awaodori Kaikan, qui propose des boutiques, un musée et un hall consacrés au Awa Odori, est également l'endroit où il faudra aller pour prendre le téléphérique menant au sommet du mont Bizan. La ville accueillant chaque année le festival Machi Asobi qui rassemble l'industrie des animes, et le studio d'animation ufotable y ayant une succursale, il ne sera pas rare de trouver des références un peu partout. Lorsque nous y étions, des distributeurs de boisson étaient décorés d'après Fate, et les voix de l'anime Demon Slayer faisaient la présentation des environs à l'intérieur même du téléphérique.

Là-haut s'y trouve en réalité un grand parc naturel, apparemment aussi accessible en voiture depuis le côté ouest. En plus d'avoir une belle vue sur la ville, vous pouvez vous y balader un bon moment pour changer de point de vue et passer à travers les nombreux points d'intérêt. Il semblerait qu'il y ait aussi quelques boutiques de snacks mais aucune n'était ouverte lors de notre visite...

Tokushima

Situé dans le grand parc juste derrière la gare principale, les ruines du château de Tokushima ne vous offriront (comme beaucoup d'autres ruines) que quelques vestiges de murs de pierre, et la récompense d'une vue en leur sommet, mais rien de plus. Dans le même parc se situe cependant le musée du château qui peut peut-être valoir le coup, mais que nous n'avions pas pu visiter car son heure de fermeture (17h) était déjà trop proche.

📝 La ville a l'air assez modeste et est très loin de l'agitation des grandes métropoles japonaises - et c'est une chose que beaucoup apprécient ! Mais un peu à l'instar de la campagne, les quelques endroits de divertissement seront souvent assez excentrés du centre-ville, et tout avait l'air très calme le soir.

Naruto

Préfecture de Tokushima (Shikoku) - 📍 Position - 📷 Photos - 🔗 Site web
Naruto

Rapide d'accès depuis Tokushima en bus (étant donné que la gare est loin de ce qui vous intéressera), la ville de Naruto est célèbre pour son grand pont reliant Shikoku à l'île d'Awaji, sous lequel se rencontrent l'océan pacifique et la mer intérieure de Seto. C'est justement à ce point de rencontre que sont provoqués les fameux tourbillons de Naruto ! Le pont Uzu no Michi propose, sous sa route, une plateforme piétonne avec de nombreux points de vue et quelques sols de verre pour observer directement les tourbillons. Leur site web affiche chaque jour des prévisions pour savoir vers quelle heure les tourbillons devraient être les plus forts, et donc les plus visibles.

Naruto

Non loin de l'entrée du pont se trouve une grande place entourée de quelques boutiques et restaurants, depuis laquelle vous pourrez voir le pont tel que sur la photo ci-dessus. Vous pourrez bien sûr y déguster des ramen avec un petit naruto dedans, et trouver d'anciens posters de collaboration entre le film Naruto et la ville.


Takamatsu

Préfecture de Kagawa (Shikoku) - 📍 Position - 📷 Photos - 🔗 Site web
Takamatsu

Deuxième arrêt de notre parcours de Shikoku pour quelques jours, la ville de Takamatsu est incontournable afin de visiter les îles de la mer intérieure de Seto, connues sous le nom des "îles Setouchi". Il s'y tient tous les 3 ans la Triennale de Setouchi, et pour cette occasion de nombreuses expositions et œuvres artistiques temporaires s'ajoutent aux permanentes. Mais pas d'inquiétude si vous y allez en dehors de l'événement triennal cependant, vous ne raterez rien pour autant. Lorsque nous y étions, les touristes faisaient légion, et les ferrys étaient souvent remplis : attention donc car une fois leur capacité atteinte, il faudra attendre le prochain (...s'il y en a encore). Pour plus d'informations, je ne peux que vous recommander le blog Ogijima.fr, tenu par un français qui vit justement sur une de ces îles : Ogijima.  

Le quartier Sunport, dans lequel se trouve le port de Takamatsu d'où partent les ferrys au départ des îles de Setouchi, propose également quelques parcs et bien sûr une vue sur la mer intérieure. L'achat des billets de ferrys se fait directement au port, et le personnel sait faire en sorte que vous prenez le bon selon votre destination, mais pensez à arriver suffisamment en avance car les ventes sont rapidement fermées peu avant le départ de chaque ferry.

Takamatsu

Étant donné que notre but était d'y loger afin de visiter les îles, nous avons peu visité la ville lors des quelques journées de mauvais temps. Vu le nombre de commerces présents, nous avons cependant visité en large et en travers les rues couvertes Marugamemachi, Minamishinmachi et Tamachi qui se suivent du nord vers le sud. Nous avons même eu la chance d'y observer un festival le temps d'une soirée.

🏠 On sent très vite que Takamatsu fait partie des plus grandes villes de la région : on y trouve de nombreux quartiers de divertissement, de grandes rues commerçantes couvertes, et la présence d'une compagnie ferroviaire privée montre qu'il y a un petit monde qui s'y déplace au quotidien. Entre le Sunport, les parcs, les super onsen, les department store, on trouve tout ce qui fait une ville moyenne où il y a le minimum pour ne pas s'ennuyer.

Naoshima

Mer intérieure de Seto - 📍 Position - 📷 Photos - 🔗 Site web
Naoshima

Parmi les nombreuses îles artistiques de la mer intérieure de Seto, celle de Naoshima est peut-être celle qui a l'œuvre la plus connue à travers le pays : la citrouille jaune de Yayoi Kusama. Mais avant d'y arriver, votre ferry arrivera sûrement au port de Naoshima, dont la salle d'attente et les toilettes peuvent déjà être considérées comme des œuvres en soi de par leur design.

Autour du port se trouve déjà de nombreuses "maisons artistiques" avec des expositions en leur sein, mais qui nécessitent (si j'ai bien compris) l'achat au préalable d'un "pass" permettant d'y accéder, ainsi qu'à plusieurs autres endroits sur différentes îles. Tant pis, nous nous contentons d'aller observer d'autres endroits accessibles librement comme la maison "The Water", avant de contempler l'architecture extérieure impressionnante de la salle polyvalente et de la mairie.

Naoshima

Après avoir mangé de succulentes udon dans un petit restaurant, nous partons à pied pour traverser l'île et arriver à la plage sud sur laquelle se trouve donc la fameuse citrouille jaune. Juste à côté, se trouve un hôtel design et une boutique de souvenirs, devant lesquels la pelouse est occupée par de nombreuses sculptures artistiques comme l'atteste la photo ci-dessus.

Encore un peu plus à l'ouest se trouve d'autres œuvres en plein air, comme la Seaside Gallery ou la sculpture Shipyard Works. Nous décidons ensuite de remonter jusqu'au port de l'île en passant par un autre chemin, sur lequel se situe le Naoshima Dam Park, avec devant son entrée une gigantesque sculpture d'une corbeille à papier. La rentrée à Takamatsu se fait sans accroc, avec un ferry à l'heure mais suffisamment rempli pour qu'il y soit un peu difficile de s'assoir.


Teshima

Mer intérieure de Seto - 📍 Position - 📷 Photos - 🔗 Site web
Teshima

La visite de Teshima était pour le moins... une certaine épreuve en soi. Première erreur, vouloir y arriver à l'heure du déjeuner pour y manger. Une fois débarqué sur l'île par le port Ieura, et malgré tous les restaurants qui puissent être indiqués par les cartes officielles de la Triennale, c'était un bilan digne des plus belles campagnes du pays : le restaurant le plus proche du port ne propose que d'onéreux menus de fruits de mer (dont la moitié étaient sold-out), et quasi tous les restaurants des alentours étaient fermés sans que l'on ne sache la raison. En attendant, nous visitons la superbe Yokoo House qui est aussi joliment décorée à l'intérieur qu'à l'extérieur, avec son petit jardin japonais coloré.

Nous prenons ensuite un bus navette gratuit en direction du port Karato, autour duquel sont accessibles les principales installations de l'île. Le salon le thé est fermé, le CoCo Café est fermé... Le restaurant de takoyaki est ouvert, mais l'on nous dit "désolé, on a déjà arrêté le service". C'est grâce à une petite épicerie - pas une boutique franchisée, non, la véritable boutique tenue au rez-de-chaussée d'une maison d'habitation - que j'ai pu me remplir l'estomac. J'explique la situation de détresse à la grand-mère qui tient la boutique, et elle a gentiment été préparer le Cup Noodle au curry que je venais de lui acheter. Merci encore !

Teshima

Après avoir observé l'étrange panier de basket No one wins, nous allons vers le sud de ce petit bout de village jusqu'à la Storm House : une véritable petite maison traditionnelle transformée en expérience sensorielle. Une fois tout le monde assis par terre sur les tatami, on y vit le temps d'une dizaine de minutes comme si un orage s'abattait soudainement sur la maison. Le bruit du tonnerre, le faible rugissement du ventilateur, la pluie qui coule sur les fenêtres... Ensuite, nous faisons un peu de marche pour atteindre une installation en plein cœur d'une forêt : la forêt des murmures (en français dans le texte). Comme le montre la photo ci-dessus, il s'y trouve de nombreux carillons qui volent au vent... et sur chacun de ces carillons est écrit le nom d'une personne qui est cher à quelqu'un. Il est en effet possible de faire accrocher un carillon en échange de 5.000 yens, le staff écrivant le nom que vous souhaitez dessus.

Notre aventure était loin d'être terminée. Le temps avançant, nous revenons vers la route principale de l'île en direction d'un arrêt de la fameuse navette gratuite proposée par la Triennale. Accompagnés d'autres touristes, nous voyons vite arriver le bus... plein à craquer. Impossible d'y monter. Nous décidons alors de marcher vers l'arrêt de bus précédent, et un personnel de la Triennale s'y trouve pour guider les visiteurs. 10 minutes plus tard, nouveau bus, même situation. Je commence à perdre patience (comprendre ici : j'insulte le ciel de noms d'oiseux) quand le staff vient nous voir et nous sort dans un français impeccable : "Désolé, à cause de l'affluence, il y a du monde dans le bus dès l'arrêt du Teshima Art Museum qui se trouve avant celui-ci". Ah ! C'est mignon, mais le dernier ferry est censé partir dans une heure, et retourner à pieds au port prends justement une bonne heure. On tente le tout pour le tout, et nous y partons en trottinant. Mon camarade tente de faire de l'autostop à chaque voitures qui passe... la première... la deuxième... la troisième s'arrête enfin ! Nous voilà rapidement en direction du port.

Une fois arrivés au port, nous constatons une gigantesque file d'attente devant la caisse qui délivre les tickets pour le prochain ferry. Le personnel indique qu'à cause du surplus de visiteurs, le dernier ferry est déjà plein, et ils ont dû affréter deux autres ferry qui arriveront bien après. Heureusement, le bâtiment du port a une large salle d'attente, et la télévision qui y diffusait le match "France - Pays de Galles" de la coupe du monde de rugby était parfaite pour passer le temps. La boutique officielle de la Triennale m'aura montré l'impensable au Japon lorsque j'ai voulu y acheter une boisson locale : un montant minimum de paiement par carte bleue ! Bref, le ferry arrive et nous rentrons à bon port. Quelle journée...


Kochi

Préfecture de Kōchi (Shikoku) - 📍 Position - 📷 Photos - 🔗 Site web
Kochi

Après 2 heures de bus autoroutier, nous arrivons donc à Kōchi. Capitale de sa préfecture, elle est connue pour sa pêche de la bonite (attendez-vous donc à trouver énormément de restaurants de fruits de mer en centre-ville) et pour avoir créé la danse Yosakoi en s'inspirant de l'Awa Odori de Tokushima.

Kochi

Malgré le mauvais temps ambiant, et après s'être installé dans un hôtel sur les bords de la rivière Kagami, nous prenons le bus en direction de la plage Katsurahama. Il s'y trouve entre autres la statue de Sakamoto Ryōma, une figure historique du 19e siècle de par son influence sur la Restauration de Meiji, étant un des premiers à penser qu'un Japon ouvert sur le monde était nécessaire pour pouvoir arriver à la hauteur de la puissance des pays occidentaux. Le long de cette plage se situe un petit aquarium, mais nous avons préférés aller grimper un peu jusqu'au cap Shimoryuzu pour y rester un moment et y contempler l'océan.

Le jour suivant, nous avions voulu explorer la cave Ioki, mais étant parti trop tard dans l'après-midi et avec la faible fréquence des trains de la compagnie Tosa Kuroshio (sans compter que notre train JR ne faisait pas de through service sur la seconde ligne comme l'indiquait pourtant Google Maps), il faisait déjà nuit noire le temps que l'on y arrive. Nous n'avons pu en explorer qu'une dizaine de mètres, et il nous aurait fallu une lampe frontale pour pouvoir continuer plus loin. Un peu dommage, mais ça arrive parfois de mal gérer ses sorties, tant pis.


Matsuyama

Préfecture d'Ehime (Shikoku) - 📍 Position - 📷 Photos - 🔗 Site web
Matsuyama

Plus grande ville de la région de Shikoku, Matsuyama a tout d'une grande ville. Nous rejoignons la ville après 2h30 de bus autoroutier au départ de Kōchi, en traversant de beaux paysages montagneux. Après notre arrivée à notre hôtel, qui jouxte le domaine du château, nous partons en direction du parc Dogo pour le visiter et avoir une bonne vue de la ville depuis son point d'observation.  

Dogo onsen

Face à la station de tram éponyme, le quartier Dogo Onsen vous accueillera d'abord par une longue rue commerçante couverte, où vous pourrez forcément y goûter toutes les spécialités locales, la plupart étant à base d'agrumes qui font la popularité de la préfecture d'Ehime. Pour y avoir goûté une glace à l'orange, c'était effectivement très bon ! Le bâtiment principal de Dogo Onsen, montré ci-dessus, se trouve donc à la fin de cette rue commerçante. Il fait bien sûr office de bain public, et il y ont récemment ouvert un grand bâtiment annexe proposant de nouveaux bains (dont certains sont privatisables) et salles de repos, toujours dans le style traditionnel.

Matsuyama

Nouvelle journée, et l'occasion donc d'aller visiter le château de Matsuyama. Le domaine de ce château représente une grande colline en plein milieu du centre-ville, qui lui est tout plat : difficile de le rater, même de loin ! Bien qu'il soit accessible via de longs escaliers, nous avons choisi d'emprunter la remontée mécanique. Chose très sympathique, vous avez le choix du transport à l'aller comme au retour : emprunter soit un téléphérique, soit un télésiège comme au ski !

Une fois arrivés en haut du plateau, vous pourrez traverser de nombreuses portes d'antan et monter quelques escaliers avant d'arriver sur une grande place avec, à sont extrémité, l'entrée principale du château. N'oubliez pas de profiter de la vue offerte sur la ville, ainsi que des nombreuses petites boutiques qui sont présentes. Selon les horaires, il est parfois proposé un essayage gratuit d'une véritable armure de samurai : pour l'avoir fait, ce n'est pas pas léger du tout, mais c'est beau !

Matsuyama

Après cette visite, et en ayant utilisé le télésiège pour redescendre sur la ville, nous avons descendu la grande rue Matsuyama Ropeway Shotengai (le nom est tout trouvé) vers le sud, en passant devant de nombreux restaurants et boutiques qui étaient toutes aussi chic les unes que les autres. Non loin se trouvait un autre point d'intérêt, la villa Bansuisō, construite dans un style "néo-renaissance" qui rappelle clairement la France. Son intérieur, préservé le plus possible comme à l'époque, propose également quelques expositions.

Matsuyama aura marqué la fin de notre grand itinéraire, et nous prenons le dernier jour un bus jusqu'à l'aéroport de Matsuyama, avant d'embarquer dans un avion de Japan Airlines en direction de Tokyo.

🏠 Du peu que l'on a pu constater de notre court arrêt à Matsuyama, la ville semblait vraiment pratique à vivre. Les déplacements en centre-ville tout autour du domaine du château sont bien facilités par les trams Iyotetsu, et la présence de deux grandes gares (une par compagnie ferroviaire) crée donc deux grands pôles de commerces où sortir. La ville est bien sûr bien plus large que ça et doit sûrement proposer beaucoup d'endroits agréables aux alentours. L'aéroport a aussi l'air d'être le plus proche du centre, comparé aux autres "capitales" de Shikoku.