Même si le sujet a l'air simple, le pays rajoute quelques subtilités à garder en tête. Voici une description de la plupart des types de logements disponibles, avec quelques conseils.

Ryokan (旅館)

Signifiant "auberge" en japonais, ce mot représente généralement des auberges de style japonais haut de gamme et "tout inclus" : la chambre avec tatamis et futons, les repas traditionnels, et bien souvent la présence de sources chaudes (onsen).

L'intérêt d'y loger porte bien sûr sur la qualité du logement en soi (certaines chambres peuvent accueillir de grands groupes et aller jusqu'à proposer une salle de bains privée, un petit salon ou même une terrasse) mais à mon avis surtout sur l'envie d'expérimenter une combinaison de choses traditionnelles : se balader en yukata, profiter de l'onsen et boire une petite bouteille de lait après, découvrir le dîner composé des meilleurs exemples de la cuisine traditionnelle appelée "washoku"...

L'onsen étant un composant majeur de l'expérience, il ne faut pas hésiter à parfois s'éloigner des centre-villes pour en bénéficier. Et si les bains communs ne vous conviennent pas (ou que des tatouages vous en empêche l'accès), certains ryokan proposent en option payante des bains privatisables le temps d'une heure ou un peu plus.

Pour être certain de loger dans un ryokan, vous pouvez par exemple rechercher sur le site officiel du Japanese Inn Group, bien que tous n'y soient pas forcément membre.

⚠️ Conséquence du côté traditionnel, il faut s'attendre le matin à avoir un petit-déjeuner salé légèrement similaire au dîner de la veille — une chose qui ne plaît pas forcément à tous. Vérifiez à l'avance la possibilité d'avoir une alternative ou de ne pas en bénéficier.

Minshuku (民宿)

Ça a tout d'un ryokan, mais cette chambre est bien un minshuku.

Ce que l'on pourrait appeler chez nous les "chambres d'hôtes", c'est à dire une offre d'hébergement proposée par une famille, consistant généralement en une chambre privée. Dans le cas du Japon, cela correspond également à une offre "traditionnelle" avec une forte chance d'avoir le combo tatami/futon dans sa chambre et un repas typique proposé par l'hôte.

Cependant, les minshuku peuvent autant être de simples logements en centre-ville que des auberges extrêmement proche des ryokan. Par exemple, la photo ci-dessus est tirée d'une nuit dans les montagnes de Kyoto, dans ce qui était d'apparence identique à un ryokan (bâtiment, repas, onsen, chambre...) mais classé officiellement comme minshuku.

En somme, un moyen d'avoir une expérience plus ou moins confortable, plus ou moins traditionnelle, avec parfois l'occasion d'être proche des hôtes pour partager avec eux.

Hôtel (ホテル)

Un hôtel indépendant 5 étoiles. Il fallait bien fêter notre début de PVT par un petit plaisir hein.

Pas besoin d'explications sur le principe, c'est quasiment partout pareil.

La quasi-totalité des hôtels peuvent se trouver à partir de sites internet tels que Booking ou Hotels.com, dans le cas contraire il faudra par exemple les chercher sur Google Maps pour consulter leur propre site web.

Voici quelques exemples de franchises d'hôtels :

  • Toyoko Inn : une offre simple et sans superflu, en partie grâce à leurs équipements très uniformisés à travers tous leurs hôtels.
  • Tokyu Hotels : plutôt haut de gamme, avec des déclinaisons comme "Excel Tokyu" et "Tokyu REI".
  • Dormy Inn : la garantie d'un confort haut de gamme "comme à la maison" avec la présence quasi systématique d'un sento (bain commun japonais) et d'une offre gastronomique pour les repas et petit-déjeuner.
  • Super Hotel : dit vouloir miser sur le bien-être de ses clients en proposant de nombreux types d'oreillers ergonomiques et un petit-déjeuner sain, et plus de la moitié de leurs hôtels ont un sento.
  • MyStays : un ensemble d'hôtels hauts de gamme, mais proposant aussi des appart-hôtels économiques sous la marque "Flexstay" et des capsules modernes "MyCube".
  • Smile Hotel : mise d'abord sur la propreté et la sécurité et offre le petit-déjeuner.
  • Sunroute Hotel : des hôtels économiques qui se veulent facilement accessibles et écologiques.
  • APA Hotels : chaîne d'hôtels présidée par un essayiste d'extrême droite dont le livre rempli d'idées négationnistes et antisémites est offert dans chaque chambre. Faites ce que vous voulez, mais dites-vous juste que ce genre d'endroit ne doit probablement apprécier que l'argent des touristes.

Lorsque vous voudrez vous aventurer en dehors des métropoles et villes très "touristiques", l'hôtel sera probablement le seul type d'hébergement disponible, et ce très souvent autour d'une gare. Gardez cela en tête selon votre itinéraire pour prévoir votre budget.

Petite particularité pour les hôtels 4 ou 5 étoiles : contrairement à ce que l'on peut trouver en occident, ils n'ont pas l'air d'être "all inclusive" une fois la chambre réservée. L'accès à la salle de sport, piscine, SPA et assimilés n'est pas forcément gratuit.

⚠️ Crise du sur-tourisme par endroits et du manque chronique de logements touristiques oblige, les grandes métropoles sont les derniers endroits où il faut tarder à réserver un hôtel, donc pensez-y bien en avance. Profitez des offres "réservation et annulation gratuite" de certains sites web de réservation pour être certain d'avoir un endroit où dormir, tout en restant flexible si vos plans changent d'ici votre départ.

Minpaku (logement privé)

Un appartement japonais habituel comme on peut en trouver sur AirBnB.

Un minpaku est une offre de logement privé proposée par un particulier, comme un appartement ou une maison entière par exemple, et qui reste un très bon rapport confort/prix surtout lors d'un voyage en famille ou en groupe. Le plus grand représentant à travers le monde est bien sûr AirBnB, très connu pour chambouler systématiquement le marché de l'hébergement là où il est populaire.

Le site et son utilisation se sont fait connaître en 2018, où le gouvernement japonais a fini par créer une loi régulant strictement la location d'un bien sur AirBnB. Et ce pour plusieurs raisons : prévenir du sur-tourisme dans certaines villes, assurer la sûreté incendie des logements, empêcher que trop de logements soient accaparés par AirBnB pour finir par être défavorable aux résidents, et probablement aussi protéger le commerce des hôtels. Pour en apprendre plus sur le sujet, je vous propose cet excellent article sur Nippon.com.

Depuis, la location sur AirBnB reste légale mais l'enregistrement de son bien auprès de la mairie est obligatoire, ce qui donne en échange un numéro de licence minpaku qui est alors affiché sur l'annonce AirBnB du bien. Cependant, il n'y a pas que des logements privés (minpaku) sur le site car l'on peut aussi y trouver des guesthouses avec un lit en dortoir ou en chambre privée.

Un appartement peut s'avérer très vite rentable dans le cas d'un voyage à plusieurs, sans compter du fait de pouvoir vivre tel un résident japonais pour quelques temps (et de devoir donc apprendre à trier ses déchets !). En plus de AirBnB, vous pouvez trouver un minpaku sur des sites locaux tels que VacationStay.

En partant de votre logement le dernier jour, il vous faudra probablement laisser la clé à l'intérieur et sortir sans verrouiller la porte. C'est un peu étrange à concevoir pour nous, mais bon. A mon avis, c'est entre autres pour faciliter le nettoyage du logement entre deux réservations, une chose souvent confiée à une entreprise tierce.

⚠️ La location de logements sur AirBnB reste un sujet houleux dans certaines résidences et il ne faudra pas s'étonner à voir éventuellement des affiches hostiles placardées dans votre immeuble. A mon avis la barrière du langage fait qu'ils préfèrent intimider les touristes à l'avance pour éviter tout problème de voisinage, mais de toute façon vous serez trop polis pour faire trop de bruit la nuit, n'est-ce pas ? Par contre, si vous voyez écrit que les AirBnB sont interdits dans l'immeuble où vous séjournez, c'est que quelque chose cloche avec votre hôte.

Guesthouse (ゲストハウス)

Aussi appelé "Hostel" (ホステル)

Une offre économique qui peut s'apparenter aux auberges de jeunesse, proposant généralement un lit en dortoir et parfois une petite chambre privée (avec toujours les WC et salle de bain en commun). D'ailleurs, attention à bien faire la distinction entre "Hostel" et "Hotel" car vous aurez compris que cela n'a rien à voir.

Dans le choix d'un lit en dortoir, il faudra bien sûr se rappeler des inconvénients : pas d'intimité, risque d'avoir de gros ronfleurs ou des couche-tard à côté de soi, vols éventuels...

Attention également lors du choix d'une guesthouse à observer les commentaires et/ou photos des visiteurs déjà passés par là, vous ne voudriez pas subir une salle de bain insalubre ou un matelas extrêmement inconfortable par exemple.

⚠️ Les coin locker (consignes) proposés pour sécuriser ses affaires de valeur lorsque l'on a un lit en dortoir ne font pas forcément la taille d'une valise, parfois loin de là. Si besoin, essayez de chercher ce détail sur la guesthouse qui vous intéresse, et en cas de manque d'information ou de consigne trop petite, prévoyez un petit câble anti-vol (un câble de rappel de bloque-disque fera l'affaire) et un cadenas pour au moins attacher votre valise à côté de votre lit.

Sharehouse (シェアハウス)

Ma chambre privée dans une sharehouse de Fukuoka. 15m², ce qui est donc extrêmement grand.

La sharehouse est le meilleur rapport confort/prix pour loger sur une longue durée (1 mois et plus), consistant à avoir soit un lit en dortoir (exactement comme les guesthouses pour le coup) soit à avoir sa propre chambre privée. Les espaces communs sont généralement beaucoup plus complets et fournis qu'une guesthouse : cuisine, salon, salle de bain / douches, parfois même un rooftop ou un jardin...

Pour ce qui est de l'ambiance, elle peut radicalement changer selon le nombre d'habitants (imaginez la différence entre 8 et 40 personnes !) et la grandeur/diversité des espaces communs : un mini salon-cuisine contre un lounge et rooftop par exemple. Sachez que la sharehouse est un moyen aussi très utilisé par des japonais natifs ou des travailleurs étrangers pour avoir un endroit où vivre, certains pouvant être plus solitaires que d'autres. Dans une sharehouse un minimum grande, si vous avez déjà vu la série Terrace House, et bien ça y ressemble effectivement pas mal : on croise ses voisins de chambre dans les couloirs, on peut venir se poser dans le salon pour discuter avec n'importe qui et voir les gens rentrer du travail, on raconte les endroits qu'on est parti visiter et se partage des bons plans...

Le loyer se détermine en général par la position de la sharehouse et par la qualité des espaces communs. On pourrait croire qu'une sharehouse à 1h de train de Tokyo est largement plus rentable car un moins chère, mais si elle est vraiment gigantesque et que la diversité des services proposés se répercute sur le prix mensuel, rajoutez à cela le prix des aller-retour en transports jusqu'à Tokyo, et cela peut se rapprocher du prix d'une sharehouse plus modeste et plus proche du centre. Sur le loyer mensuel viendra aussi se greffer les charges (10.000¥ en moyenne), sans oublier généralement une caution à l'emménagement (20.000¥ à 30.000¥ en moyenne) et les frais de literie (maximum 9.000¥). De toute façon, chaque entreprise de sharehouse a des conditions et frais différents donc n'oubliez pas de prendre également ça en compte si vous comparez plusieurs sharehouses.

Étant un logement de longue durée, il n'est souvent pas possible de réserver une chambre de sharehouse plus d'un mois à l'avance, vu que le préavis de départ se donne en général un mois à l'avance. Plus la ville où vous souhaiterez loger est petite, et plus le marché sera tendu (peu de sharehouses et beaucoup de demande). Un peu moins d'un mois avant votre entrée souhaitée dans une sharehouse, commencez déjà à regarder tous les jours les disponibilités pour sauter sur une occasion dès qu'elle se présente.

Dans le cas où vous entriez au Japon pour une longue durée, c'est à dire au moins 3 mois et avec un autre visa que le visa touriste, la sharehouse fait partie des rares logements (avec les appartements en location bien sûr) dont vous pouvez utiliser officiellement l'adresse postale pour vous inscrire comme résident à la mairie. Rappelez-vous que vous avez 90 jours maximum pour avoir un "logement fixe" et 14 jours après emménagement pour vous déclarer à la mairie, et que les hôtels, guesthouses ou encore minpaku ne vous autoriseront jamais à utiliser leur adresse postale pour des démarches administratives.

⚠️ Bien que le prix soit très attractif, j'aurai tendance à déconseiller l'usage des dortoirs en sharehouse. Pour quelques nuits il est facile de passer outre certains inconvénients, mais devoir vivre un voire plusieurs mois sans la moindre intimité et avec des voisins que vous pourriez autant adorer que détester (et qui resteront là pour un moment aussi) c'est un risque que je n'oserai jamais prendre.

Capsule Hotel (カプセルホテル)

"MyCube" propose une capsule bien plus grande que d'habitude.

La fameuse capsule ! Certainement connue à travers le monde à cause de son look rétro et claustrophobe, ce concept a été créé dans les années 70 pour les travailleurs (et uniquement les hommes d'ailleurs) ne pouvant plus rentrer chez eux faute de transports la nuit, et ce suite à de nombreuses heures supplémentaires ou beuveries tardives entre collègues. Mais depuis cette époque, de nombreux acteurs ont réinventé le style, l'usage et la praticité de la capsule pour convenir et plaire à un plus grand nombre.

Les capsules "à l'ancienne", chevauchées l'une sur l'autre et permettant tout juste d'y dormir allongé, en plastique blanc-crème et avec une minuscule télévision à l'intérieur, existent toujours bel et bien. Encore majoritairement réservées aux hommes, elles servent toujours à dépanner le temps d'une nuit. Il existe cependant des capsule hotel proposant des sièges de massage et des livres/manga en consultation libre, un sento, des ordinateurs en utilisation libre, bref tout ce qu'il faut pour ne pas s'ennuyer quand on n'a pas envie de dormir.

En plus de leur utilisation la nuit, la plupart de capsule hotel permettent d'utiliser leurs services le jour : juste le salon,  juste les douches, ou bien sûr juste une capsule pour faire une sieste. Ainsi, vous comprendrez qu'il est impossible de garder sa capsule plusieurs jours d'affilée vu qu'il faut la quitter le matin et y rentrer le soir : ne pensez donc pas utiliser ce moyen de logement plus d'une nuit, à moins peut-être que vous n'ayez pas le moindre bagage sur vous.

Depuis, de plus en plus de capsules disons "haut de gamme" ont fait leur apparition avec la volonté d'améliorer la formule existante : tout d'abord l'acceptation des femmes de par des étages réservés, des buffets pour le petit-déjeuner, des capsules beaucoup plus modernes et parfois largement plus grandes que d'habitude... Nine hours est probablement le meilleur exemple de capsule "ultra moderne", allant jusqu'à concevoir son propre café et gel douche. First Cabin propose carrément des capsules qui s'apparente à de mini-chambres, avec une table voire un bureau pour travailler.

Bien que cela puisse paraître étrange, aucune capsule ne peut se verrouiller — une obligation imposée légalement aux hôtels se disant de la catégorie "hébergement simple" (簡易宿所) et permettant un coût de construction et de fonctionnement plus faible qu'un véritable hôtel. Pour les objets de valeur, il sera toujours proposé quelque part une petite consigne verrouillable. Du fait de la proximité des capsules entre elles, l'environnement peut être bruyant donc attention si vous avez le sommeil léger (prévoyez des bouchons d'oreille !).

⚠️ Même conseil que pour les guesthouse, et d'autant plus que la plupart des capsule hotel ne servent qu'à dépanner le temps d'une nuit, les coin lockers (consignes) proposés sont en grande majorité très petits (vraiment juste de quoi y déposer un petit sac à main au maximum). Si vous souhaitez avoir un espace verrouillé assez grand pour accueillir une valise par exemple, il existe certaines chaînes de capsule "haut de gamme" comme MyCube ou First Cabin qui proposent cela.